GNU/Linux à l'Université
Dans l'éventail des motivations de l'AFUL, les possibilités d'adaptation de GNU/Linux (et des logiciels libres en général) au monde de l'enseignement et de la recherche représentent une grande partie des arguments à l'encontre de la logique propriétaire. Dans votre faculté, votre unité de recherche, votre lycée, que vous soyez enseignant, chercheur ou étudiant, vous êtes une majorité à travailler sur Microsoft Windows ou MAC OS, et à utiliser des logiciels propriétaires tels que Internet Explorer, Microsoft Office (Word, Excell...), etc. La dépendance est bien souvent si forte que, lors de l'achat de nouveau matériel informatique, la décision repose essentiellement sur le critère du coût et du choix du système d'exploitation entre Windows et Mac. Les principales raisons de cet état de fait sont les suivantes:
Un choix impossible
Le choix de Windows est très simpliste : les machines proposées par les entreprises ayant passé un marché avec l'établissement sont la plupart du temps équipées de Windows. Cet OS payant est inclu dans le prix et n'est pas forcément détaillé sur le devis ou la facture. Comme Ford donnait ses lampes à pétrole pour que les citoyens américains aient tous une raison d'acheter son pétrole, on "offre" (ce n'est jamais gratuit) Windows sur les PC de manière à assurer une perrenité pour les outils Microsoft. Dans les faits, cette logique de marché est une réussite astucieuse mais pose davantage de problème qu'elle n'en résoud.
La formation
Il existe très peu de formation linux proposée aux enseignants ou étudiants. La plupart des formations portent sur les logiciels propriétaires (et avoir une formation sur Photoshop au lieu de Gimp est une aberration). Si bien que tant qu'il existera une méconnaissance des logiciels libres et de Linux en particulier, le choix qui s'imposera restera entre Mac et Windows, avec une nette préférence pour Windows de part son hégémonie. Et pourtant : créez donc une salle libre service pour étudiants avec uniquement Linux et des bureaux de type KDE, vous gagnez en coût et en facilité de gestion et personne ne trouvera à redire...
Une mauvaise gestion des biens publics
Pour les gestionnaires - comptables, ne faire figurer qu'une seule ligne de dépense est bien souvent fort appréciable. Si bien que lorsqu'on achète un ordinateur MAC, on obtient "1 E-Mac=900euros" ou bien "1 PC Hewlett Packard = 800euros" (HT). Difficile, donc, d'acheter un PC sur mesure chez un monteur sans devoir faire figurer chaque pièce comme un achat séparé et passer le montage dans le total du devis. Il est encore plus difficile d'acheter, par exemple, un ordinateur équipé de Linux sans devoir obligatoirement obtenir une dérogation car les fournisseurs du marché ne le proposent quasiment jamais. Et pourtant : quelle économie cela représenterait !
Une présence usurpée
La présence de Windows est souvent absolument injustifiée. Par exemple, certains des amphithéatres d'université sont équipés d'un ordinateur + vidéoprojecteur. Pourquoi ces ordinateurs devraient-ils être systématiquement équipés de windows ? Bienheureux celui qui n'a jamais vu Windows planter alors que son cours ou sa communication nécessitent des illustrations préparées sur Powerpoint ! C'est pourtant si facile à éviter, et pour un moindre coût, puisque l'utilisation de certaines distributions Linux pourraient alors permettre de ré-utiliser de vieilles machines.
Une question de pratiques
Les pratiques scientifiques et administratives se distinguent en deux catégories. Celles qui ne nécessitent pas l'utilisation de ressources conséquentes : créer des documents avec un traitement de texte, faire du mailing, surfer sur internet, faire trois listing par an sur un logiciel de calcul. Et celles qui ont besoin d'optimiser leurs ressources de manière convaincante : réussir des algorythmes délirants, calculer des trajectoires d'astéroïdes, etc. On va donc distinguer entre bureautique et applications scientifiques. Dans le second cas, la plupart du temps, l'utilisation et la création de logicels libres est dores et déjà entièrement intégrée à l'activité scientifique. Dans le premier cas, le besoin est beaucoup moins prononcé et ne repose presque exclusivement que sur une logique propriétaire, par habitude plus que par conviction...
Difficile de changer?
Pour toutes les raisons précédentes, utiliser Linux à l'Université relève d'un défi qui n'est pourtant pas si difficile à relever. La justification de Linux dans la Recherche et l'enseignement doit reposer sur cinq affirmations claires :
1. La production et la diffusion de connaissances dans la recherche et l'éducation doivent se faire avec des logiciels libres d'être diffusés et améliorés sans provoquer de coûts supplémentaires ni dépendre d'un monopole.
2. L'utilisation des logiciels libres et de GNU/Linux accroit la protection des données et rend plus efficace la gestion des réseaux informatiques.
3. L'utilisation des logiciels libres et de GNU/Linux permet de diminuer les coûts de fonctionnement en réduisant le budget informatique (par exemple, on peut obtenir une seule distribution Linux et l'installer sur tous les postes d'un laboratoire sans avoir besoin de payer une licence pour chaque poste, comme c'est le cas actuellement).
4. Passer de Windows à GNU/Linux ou pour utiliser des logiciels libres n'implique pas de coût supplémentaire du point de vue individuel. Si tout un service souhaite passer au libre, il faut organiser une formation.
5. Parce que leurs développements reposent sur les dernières innovations technologiques et l'adéquation au plus juste des besoins, l'utilisation des logiciels libres et de GNU/Linux, permet d'accroître l'intérêt et l'efficacité de l'informatique dans la recherche et l'enseignement.
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