\documentclass[a4paper]{article}           % article (document court) au format A4

\usepackage[latin1]{inputenc}              % reconnaissance des accents au format ISO-8859-1
\usepackage[T1]{fontenc}                   % nouvelle norme de LaTeX pour le code des caractères

\usepackage[francais]{babel}               % typographie française

\usepackage{geometry}                      % permet notamment de redéfinir les marges
\geometry{hmargin=2cm,vmargin=2cm}         % redéfinition des marges

\usepackage{fancyhdr}                      %%%%%
\lhead{}\chead{}\rhead{}                   %
\lfoot{}\cfoot{}{\rfoot{}                  % fait disparaître les numéros de page
\renewcommand{\headrulewidth}{0pt}         %
\pagestyle{fancy}                          %%%%%

\usepackage[symbol]{footmisc}              % les notes de bas de page utilisent des symboles et non des numéros

\usepackage{pifont}                        % permet l'insertion du caractère d'ornement à la fin du document

\begin{document}

\part*{\LaTeX \ en sciences humaines ?\newline {\large \emph{Le meilleur moyen de rédiger ses documents...}}}

\ 

\begin{minipage}{0.53\textwidth}           % zone de texte de largeur 0,53 fois la largeur normale
\textsf{
\og \LaTeX \  ? non, il ne s'agit pas du suc laiteux provenant de certains végétaux. Nous parlons ici d'un formateur de texte et nous tâcherons d'en montrer l'utilité en sciences humaines. \fg
}
\end{minipage}

\ 

\section{Présentation}

\subsection{L'origine de \LaTeX}

Au début, il y avait \TeX \footnote{\ \TeX \ venant du grec $\tau \varepsilon \chi$, il se prononce \emph{tekh} ou \emph{tek} (\emph{kh} désignant le son guttural commun à l'arabe, l'allemand et l'espagnol).}, le formateur de texte inventé en 1978 par D.~E.~\bsc{Knuth} et destiné notamment à la réalisation de beaux documents contenant de jolies formules mathématiques.

\LaTeX, écrit par Leslie~\bsc{Lamport} en 1982, est un jeu de macros en sur-couche de \TeX, plus facile à utiliser que ce dernier. Il propose notamment différents styles de documents auxquels correspondent des classes de document et une grande diversité de macros répondant à divers besoins.

\subsection{Un contexte défavorable}

Avant de parler de l'utilisation de \LaTeX \  en sciences humaines, commençons par ce simple constat. La très grande majorité des enseignant-chercheurs en sciences humaines utilisent un logiciel de traitement de texte pour réaliser leurs documents. L'origine de ce choix est assez obscure. Au commencement de la diffusion grand public des ordinateurs personnels, il existait déjà des éditeurs de texte permettant de rédiger des documents satisfaisants, dont \LaTeX \  faisait partie. Cependant, les politiques d'achats dans la fonction publique ainsi que l'hégémonie de \emph{Microsoft} sur les fabriquants d'ordinateurs, n'ont pas permis de freiner l'arrivée des produits propriétaires et, en particulier, celle du traitement de texte \emph{MS Word}.

Or, l'apprentissage de ce logiciel n'en est pas un à proprement parler. Tout ce qu'il faut savoir est que si vous sélectionnez du texte et que vous cliquez sur la bonne icône ou choisissez le bon menu, alors votre mise en page est automatiquement mise à jour telle que vous la voyez à l'écran. Le document imprimé est alors censé ressembler à ce que vous avez vous même affiché \emph{dans} le traitement de texte. C'est ce qu'on appelle le \emph{Wysiwyg}, pour \emph{What you see is what you get}.

\subsection{Sortir de l'exclusivité scientifique}

Ainsi, dans la plupart des esprits, un logiciel tel que \LaTeX \  s'est trouvé exclusivement réservé aux \emph{matheux}. La raison de cette réputation -- outre le fait qu'effectivement \LaTeX \  a été réalisé au départ pour la rédaction de document scientifiques -- est tout simplement que \LaTeX \  est d'une grande précision et permet l'édition de texte un peu comme le ferait un imprimeur. L'édition de formules mathématiques ne pose donc aucun problème, à la différence de \emph{MS Word}, par exemple. Toutefois, réduire les avantages de \LaTeX \  à la simple édition de formules mathématiques revient non seulement à porter un jugement hâtif mais aussi à se priver de l'outil idéal.

Dans un monde professionnel (recherche et enseignement) où l'édition de texte constitue l'essentiel de la production, il est difficilement compréhensible qu'en plus de ne pas utiliser les bons outils et d'obtenir une qualité d'édition médiocre, l'utilisation de logiciels propriétaires (et onéreux) soit de mise. Le passage généralisé à la suite bureautique libre \emph{OpenOffice.org} reviendrait sans doute à un très bel effort en matière de formats ouverts et d'économie. Cependant l'utilisation de \LaTeX \  serait encore un meilleur choix en matière de qualité et de méthodologie.

\section{Produire des documents de qualité}

\subsection{Pour tous les appétits}

\LaTeX \  est un système logiciel de composition de documents, ou plus exactement, une collection de macro-commandes destinées à faciliter l'utilisation du \og processeur de texte \fg \ \TeX. \LaTeX \  a été conçu pour rédiger des articles, des rapports, des thèses, des livres ou encore pour préparer des transparents. On peut insérer dans le texte, des dessins, des tableaux, des formules mathématiques et des images sans avoir à se soucier (ou presque) de leur mise en page. Les documents produits avec \LaTeX \  et \TeX \ sont d'une excellente qualité typographique.

\subsection{Imprimerie numérique}

Travaillant comme un imprimeur virtuel, l'unité de base de \TeX \ est le point. Les calculs que nécessite la production du document final, appelés \og compilation \fg, sont effectués par l'ordinateur de manière automatique. Un de ses avantages est qu'il possède une vision globale des choses.

\TeX \ ne se place pas uniquement au niveau du caractère que l'auteur frappe mais aussi au niveau du mot, de la ligne, du paragraphe, de la page ou du document dans son entier pour évaluer ses critères de beauté. La dimension esthétique du document est ainsi prise en compte et gérée de manière à ce qu'elle soit maximale.

Les critères de beauté utilisés dépendent le plus souvent des règles typographiques attachées à la langue ou au langage employé (les mathématiques par exemple), mais il peut également, à tout moment, prendre en compte les goûts de l'auteur. \TeX \ gère ainsi la ponctuation, les ligatures, les coupures de mots et les justifications verticales et horizontales.

\subsection{Automatisation du fastidieux}

Par ailleurs, les aides à la lecture telles que la numérotation des pages et des paragraphes, les tables des matières, figures et références croisées ainsi que la bibliographie et l'index, sont gérées automatiquement par \TeX. L'auteur a peu à s'en soucier, il n'a qu'à les déclarer. En conclusion, vous n'avez qu'à penser au contenu de votre document, \TeX \ se charge du reste.

\section{Privilégier le fond, puis admirer la forme}

\subsection{Un exemple éloquant : la bibliographie}

Produire de beaux documents, ne penser qu'au contenu et ne plus s'occuper du reste : voilà des conditions de travail optimales.

Prenons la bibliographie, par exemple. Tout le monde connaît les difficultés des mises en page recommandées par les revues auxquelles on soumet un article. De même, gérer ses références bibliographiques revient à utiliser un autre logiciel, configurer l'ordre des champs (auteur, dates, titres, etc.), bref, effectuer beaucoup de manipulations.

L'utilisation du format \emph{BibTeX} vous permet, dans un document \LaTeX, de ne plus avoir à vous soucier de cette mise en page. Vous n'avez plus qu'à insérer des références simplifiées dans le document et, encore une fois, vous concentrer sur le contenu informatif de votre document.

\subsection{\LaTeX \  vous pousse à réfléchir}

Prenons un autre exemple : la rédaction elle-même. Comme il est dit plus haut, il n'y a pas à se soucier des numérotations des titres et sous-titres. Mais cela ne s'arrête pas là. Lorsque vous rédigez votre document \LaTeX, vous êtes naturellement amené à tout moment à réfléchir à sa structure (et non sa mise en forme).

De multiples commandes vous y aident et vous permettent ainsi de rédiger de manière rigoureuse. Pour cela, peu d'heures de pratique sont nécessaires et l'apprentissage des commandes de bases est relativement facile. \`A cela s'ajoute le fait que si vous n'avez pas besoin d'éditer des formules mathématiques complexes, c'est autant de commandes en moins à connaître.

\section{Conclusion}

L'utilisation de \LaTeX \  pour un travail en sciences humaines est un gage de qualité et de méthode de rédaction. Certains sceptiques pourront rétorquer que \LaTeX \  utilisé en ligne de commandes dans une fenêtre de terminal est loin d'être simple. Rassurez vous, il existe heureusement plusieurs logiciels permettant d'assister facilement et agréablement les auteurs dans la création de documents. On peut citer \emph{Kile} et \emph{TexMaker}. Il existe de même des assistants vous permettant de n'avoir à entrer que peu de commandes (\emph{TeXmacs}), voire pas du tout (\emph{LyX}). D'ailleurs, ce dernier se targue d'être un logiciel \emph{Wysiwym}, pour \emph{What you see is what you... mean !}

\vfill                                            % blanc vertical élastique

\begin{center} {\Huge \ding{167}} \end{center}    % ornement

\vfill                                            % blanc vertical élastique

\noindent {\small Ce texte, sous licence CC-BY-SA, est une adaptation libre par \emph{Maxime Bochon} d'un article de \emph{Christophe Masutti} publié le 12~mars~2007 sur le site \emph{Linux et les choses}, accessible à l'adresse suivante~:}
{\small \verb+http://linuxetleschoses.tuxfamily.org+.}
{\small Certains passages de cet article sont inspirés de la F.A.Q. \LaTeX \ de l'\'Equipe \emph{Grappa} de l'université de Lille~3.}

\end{document}
